Mise à jour: novembre 2020

Lombalgie commune

L’exercice physique est le traitement principal permettant une évolution favorable de la lombalgie commune. (HAS 2019)

 

Rappels diagnostics:

  • Douleur lombaire sans signe d'alerte (drapeaux rouges)

  • Recherche des signes d'alerte pour toute douleur lombaire récente, ou aggravation des symptômes ou apparition de nouveaux symptômes

  • Il est recommandé d'évaluer le risque de chronicité pour adapter la prise en charge (drapeaux jaunes)

  • En l'absence de signe d'alerte: pas d'imagerie pour une poussée aïgue de lombalgie, avec ou sans radiculalgie, compte-tenu de l’absence de corrélation systématique radio-clinique. Radiographie (ou EOS) si instabilité ou trouble statique

  • Si une imagerie n'est pas nécessaire dans les 7 premières semaines, l’absence d’évolution favorable conduit à raccourcir ce délai

  • En l'absence de signe d'alerte: imagerie rachidienne (IRM ou TDM si contre indication) si lombalgie chronique

Quand?

  • En 1ère intention chez les patients présentant une lombalgie chronique ou à risque de chronicité.

  • Techniques manuelles en 2nde intention, uniquement dans le cadre d’une combinaison multimodale de traitements incluant un programme d’exercices supervisés.

  • En 3ème intention: programme de réadaptation pluridisciplinaire physique, psychologique, sociale et professionnelle. Chez les patients présentant une lombalgie ou une douleur radiculaire persistante, en présence de facteurs de risque psychosociaux faisant obstacle à leur rétablissement, ou en cas d’échec d’une prise en charge active recommandée. À moduler en fonction de la situation médicale, psychosociale et professionnelle du patient.

  • En pratique:

              - débuter par une série de 10-15 séances sur au moins 2 mois

              - séances  pas trop rapprochées pour éviter une médicalisation excessive et pour laisser le temps au patient d’apprendre les exercices et gestes de prévention

              - puis nouveaux bilans (médical et kinésithérapique)

              - si poursuite: 15 séances supplémentaire au maximum

Objectifs:

  • lutte contre la douleur

  • récupération des amplitudes articulaires lombaires

  • récupération de la force des muscles du tronc et du segment lombo-pelvien

  • récupération fonctionnelle

  • Le but final est la reprise des activités dans les meilleures conditions possibles et la prévention des rechutes ou du passage à la chronicité

 

Techniques:

  • Le plus important est que les exercices fassent appel à la participation active du patient lombalgique

  • Entretien articulaire, mobilisations et postures

  • Etirements:

              - segment lombaire

              - segment pelvi-fémoral 

              - sous-pelviens, sur les plans antérieurs, postérieurs et latéraux

  • Renforcement musculaire

              - intérêt double : permettre au patient d’effectuer un travail de force (soulever et port de charges par exemple) et lui redonner confiance en ses possibilités

              - extenseurs du rachis, paravertébraux surtout, abdominaux, pelvi-fémoraux

              - travail musculaire global

  • Education posturale

  • Reconditionnement à l'effort:

              - marche, natation, vélo… en raison du caractère habituel de la désadaptation de ces patients.

  • Proprioception:

              - le dispositif proprioceptif capsulo-ligamentaire et musculaire ést particulièrement riche au niveau lombaire

              - perception et maîtrise du positionnement lombo-pelvien

              - rééducation des propriétés d’anticipation de la contraction musculaire à travers les réactions d’équilibration

  • Antalgie:

              - ne doit pas représenter l'essentiel de la prise en charge

              - effet transitoire, devant faciliter les autres exercices

              - massage

              - électrothérapie TENS

              - thermothérapie

  • Education:

              - auto-exercices

              - importance de l'activité physique, du mouvement

              - éducation à la neurophysiologie de la douleur

  • Aspect psychologique, social, professionnel:

              - renforcement de l'estime de soi

              - réduction de l'anxiété

Méthodes globales spécifiques: (cf Bases de la kinésithérapie)

  • Mézières: traitement postural global par restauration de l’extensibilité perdue de certains groupes musculaires hypertoniques: muscles paravertébraux, diaphragme et muscles psoas-iliaques. Simultanément, renforcement des groupes musculaires hypotoniques (muscles pré-cervicaux, abdominaux, quadriceps) 

  • Sohier: techniques de mobilisation manuelles et gymniques pour rétablir la fonction perturbée

  • Mackenzieexercices, mobilisations et manipulations éventuelles, en lordose, associé à l'enseignement d'auto-exercices

Contre indication:

  • Les ultrasons et les tractions lombaires ne sont pas recommandés

Ressources complémentaires:

- Arbre décisionnel: Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune (HAS 2019 - PDF)

- Livret patient: "Je souffre de lombalgie: de quoi s’agit-il et que faire?" (Assurance Maladie 2017 - PDF)

- Livret médecin: "Quelques éléments d’information destinés aux professionnels de santé concernant le patient adulte atteint de Lombalgie commune" (Assurance maladie après avis de la HAS - 2017 - PDF)

 

- Education à la neurophysiologie de la douleur (Retrain Pain Foundation - lien)

- Version Livret (PDF)

- Application Activ'dos pour lutter contre la lombalgie (Assurance Maladie - 2020 - lien)

Sources:

Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune (HAS - mars 2019 - PDF)

- Prise en charge massokinésithérapique dans la lombalgie commune: modalités de prescription (HAS 2005 - PDF)

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  Pincipe de la prise en charge:

  • Maladie liée à la sédentarité, non à l'activité physique

  • Les exercices thérapeutiques représentent la priorité du traitement (action physique et action psychologique sur le patient qui retrouve confiance en ses possibilités)

  • exercices d’entretien articulaire lombaires

  • étirements

  • renforcement des muscles du tronc et du segment lombo-pelvien

  • exercices généraux

  • intensité croissante

  • association de plusieurs méthodes

  Kinésithérapie en cas de lombalgie chronique ou à risque de chronicité :

  • Réalisation d’exercices thérapeutiques adaptés à la situation clinique, enseignés par un kinésithérapeute, puis poursuite à domicile

  • Education du patient (réassurance, lutte contre les peurs et croyances, sensibilisation aux bienfaits de l’activité physique) dans le cadre d’une prise en charge bio-psycho-sociale.

  • La kinésithérapie doit faire appel à la participation active du patient. Les thérapies passives ne doivent pas être utilisées isolément car elles n’ont aucune efficacité sur l’évolution de la lombalgie.

    Drapeaux ROUGES (HAS):

  • Douleur de type non mécanique : douleur d’aggravation progressive, présente au repos et en particulier durant la nuit.

  • Symptôme neurologique étendu (déficit dans le contrôle des sphincters vésicaux ou anaux, atteinte motrice au niveau des jambes, syndrome de la queue-de-cheval).

  • Paresthésie au niveau du pubis (ou périnée).

  • Traumatisme important (tel qu’une chute de hauteur).

  • Perte de poids inexpliquée.

  • Antécédent de cancer.

  • Usage de drogue intraveineuse, ou usage prolongé de corticoïdes (par exemple thérapie de l’asthme).

  • Déformation structurale importante de la colonne.

  • Douleur thoracique (rachialgies dorsales).

  • Âge d’apparition inférieur à 20 ans ou supérieur à 55 ans.

  • Fièvre.

  • Altération de l’état général (AEG).

   Drapeaux JAUNES : Indicateurs psychosociaux d’un risque accru de passage à la chronicité

  • Problèmes émotionnels tels que la dépression, l’anxiété, le stress, une tendance à une humeur dépressive et le retrait des activités sociales

  • Attitudes et représentations inappropriées par rapport au mal de dos, comme l’idée que la douleur représenterait un danger ou qu’elle pourrait entraîner un handicap grave, un comportement passif avec attentes de solutions placées dans des traitements plutôt que dans une implication personnelle active

  • Comportements douloureux inappropriés, en particulier d’évitement ou de réduction de l’activité, liés à la peur

  • Problèmes liés au travail (insatisfaction professionnelle ou environnement de travail jugé hostile) ou problèmes liés à l’indemnisation (rente, pension d’invalidité).​

  Les conseils d’hygiène orthopédique, participent, comme l’éducation gestuelle et posturale, à l’économie articulaire. Ont ainsi une grande importance :

  • la literie (ferme)

  • le chaussage (absorbant les chocs de la marche)

  • la qualité des sièges (hauteur, angle du dossier, profondeur de l’assise)

  • la conduite automobile

  • le soulèvement et le port de charges

  • les activités physiques

  • la réduction de la surcharge pondérale 

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Cercle vicieux de la lombalgie