Mise à jour: novembre 2020

Les moyens matériels du kinésithérapeute

Electrothérapie

 Utilisation de l’électricité dans le but d’obtenir au choix une action antalgique ou une stimulation. On peut éventuellement l’utiliser pour obtenir une action vasomotrice voire le passage d’ions médicamenteux (ionophorèse) comme les AINS, les corticoïdes.

Possibilité d'achat ou location sur prescription pour utilisation à domicile.

  • Sédation/antalgie:

Courant basse fréquence, activant le gate control et le contrôle nociceptif inhibiteur diffus. Souvent dénomée TENS (Transcutaneous Electrical Nerve Stimulation). Dans ce cas la fréquence d’application la plus fréquemment utilisée se situe entre 50 et 100 Hz

Indications de l'électrothérapie TENS: rachialgie, entorse​, arthrose​, tendinopathie, bursite, capsulite, épicondylite​, zona, douleur périnéale (douleur menstruelle, névralgie, cystite)​, syndrome douloureux régional complexe de type 1

  • Stimulation:

Courant basse fréquence stimulant le muscle afin d’entretenir la trophicité et la contractilité des muscles sains et des muscles dénervés. Les buts et les modalités varient en fonction du caractère innervé ou dénervé du muscle. Par ses effets propres, principalement trophiques, l'électrostimulation limite l'atrophie musculaire régulièrement observée lors d'une immobilisation. Les courants d'électrostimulation neuromusculaire (ESNM) se divisent en deux catégories : les courants de traitement d'amyotrophie et de renforcement musculaire.

              - Traitement de l’amyotrophie, en cas d’immobilisation complète ou segmentaire.

              - Renforcement musculaire, par exemple après une période d’alitement strict ou en cas de chirurgie locomotrice.

Indications et objectifs:

              - L’augmentation de la force musculaire en pathologie musculo-squelettique, en présence d’atteintes neurologiques, en pré- et post-chirurgical

              - Conservation d'une bonne trophicité

              - Le gain ou le maintien d’amplitude articulaire

              - La rééducation musculaire et la facilitation

              - La diminution de la spasticité

              - La rééducation périnéale

  • Stimulation électrique fonctionnelle (SEF):

L'objectif de cette stimulation musculaire n'est plus simplement une contraction isolée, mais d'aboutir à la fonction d'un muscle ou groupe de muscle. Il peut s'agir d'un mouvement simple ou d'un mouvement plus complexe véritablement axé sur la fonction:

              - Mouvement simple: contraction d'un muscle ou groupe musculaire, et éventuellement son antagoniste, en analytique, (par exemple flexion/extension d'un doigt). Cela permet de travailler la mobilité et les amplitudes articulaires.

              - Mouvement fonctionnel: adaptation du système avec stimulation de plusieurs groupes musculaires de façon rythmée, pour aboutir à un mouvement plus complexe (par exemple aide à la marche, pédaler...)

  • Dénervation:

Entretien de la contractibilité et de l'élasticité des fibres musculaires et d'un minimum de trophicité (lutte contre la fibrose) dans l'attente d'une réinnervation possible.

 

  • Contre-indications:

- Patient avec stimulateur cardiaque (autorisation du cardiologue est obligatoire)

- Application transthoracique ou face antérieure de la région cardiaque

- Organes génitaux (formation obligatoire)

- Implant électronique

- Cardiopathie

- Grossesse (région abdominale et lombaire pendant la grossesse)

- Épilepsie

- Trouble sensoriel cutané, perte de sensibilité

- TVP/phlébite/embolie (risque de migration du thrombus)

 

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Biofeedback

Utilisation d’un système de capture d’informations d’origine musculaire (EMG de surface) avec un système de restitution vidéo (et/ou audio) en temps réel. Permet de guider et encourager le patient. Utilisations nombreuses, mais particulièrement utile en rééducation périnéale ou vestibulaire et pour les enfants.

Basé sur l'importance de la prise de conscience la plus correcte possible d'un état physiologique par le patient, pour obtenir une réponse adaptée.

Exemples d’utilisation :

  • Rééducation proprioceptive : contrôle de l’activité induite par un muscle, contrôle d’amplitudes articulaires, contrôle de la position du corps dans l’espace (scoliose, déséquilibres), intensité d’un appui.

  • Autocontrôle : de la spasticité (hémiplégique), de la contraction musculaire (orthèses à commande myoélectrique), incontinence fécale organique ou constipation par hypertonie des muscles striés pelviens ; du rythme cardiaque, la coordination musculaire.

 

Le biofeedback est plus généralement une composante du feedback, qui permet par tout moyen un retour d’information sur le corps du patient. Il peut s’agir par exemple d’un miroir pour suivre la position du corps et ses mouvements.

Contre indication:

  • Pacemaker

  • Femme enceinte

  • Epilepsie

 

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Isocinétisme

Appareil utilisé dans le bilan de l’appareil musculosquelettique et dans le cadre du renforcement musculaire, composé d’un arthromoteur réglable et d’un dynamomètre.

 

  • Bilan :

Permet l’enregistrement des données et leur interprétation.

  • Renforcement :

Permet une contraction dynamique, dont on peut définir la vitesse et l’intensité (contrairement à une charge fixe). Elle peut s’utiliser précocement en conditions sous maximales.

Il s’agit d’un appareil très couteux et encombrant, peu répandu en cabinet.

 

 
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Suspension-thérapie(Appartient aux mécanothérapie, par opposition aux thérapies manuelles)

Mouvement pendulaire réalisé dans le plan horizontal permettant d’éliminer l’effet de la pesanteur. Plusieurs variantes sont possibles selon le but recherché:

  • Mouvements actifs rythmés pendulaires : travail musculaire

  • Mouvement passifs rythmés pendulaires : réapprendre la contraction d’un muscle (image motrice)

Selon la position de l’ancrage de la suspension, l’effet sera différent :

  • Axiale équilibrée : ancrage à la verticale de l’articulation concernée, déplacement à l’horizontal, effort musculaire très faible (situation B)

  • Axiale décentrée latéralement, mouvement actif dans un sens, passif dans l’autre

  • Décentrée crânialement (situation B')

  • Décentrée caudalement (situation C)

 

 

 
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Poulie-thérapie (Appartient aux mécanothérapie, par opposition aux thérapies manuelles)

Utilisation de poulies, selon différents montages en fonction de l’effet recherché :

  • Système de poulies réciproques : deux membres sont rattachés, un est actif l’autre est passif.

              - Mobilisation auto-passive symétrique : membres mobilisés dans le même sens, facilitant la récupération suivant le                principe des mouvements associés qui réveillent les réflexes collatéraux.

              - Mobilisation auto-passive asymétrique : membres mobilisés dans le sens opposé.

  • Système poids-poulies (ci-dessous) : résistance opposée par un poids. Peut être combiné à la suspension-thérapie pour annuler l’action de la pesanteur.

 

 

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Ultrasons

Effet antalgique (thermique et vasodilatateur) ou fibrolytique.

Utilisés en kinésithérapie pour les lésions anciennes, chroniques, dégénératives, fibreuses, cicatricielles (Dupuytren, Ledderhose), et principalement affections abarticulaires :

  • Capsulite rétractile ++

  • Tendinopathies chroniques

  • Cicatrices hypertrophiques, chéloïdes, adhérences et brides cicatricielles

 

 

 
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Balnéothérapie

Dans des bassins de taille adaptée permettant une immersion totale ou partielle (charge proportionnelle au niveau d’immersion) voire d’un membre seulement. Permet  d’utiliser l’eau pour ses effets :

  • Mécaniques : poussée d’Archimède (mise en charge partielle, précoce, progressive) ; pression hydrostatique (pressothérapie / œdèmes) ; hydrodynamique ( résistance de l’eau en mouvement)

  • Thermiques (idéalement 30 à 36 °C, sauf SEP : 25° ou moins) : vasodilatation, décontraction, antalgie.

Permet une mobilisation articulaire plus facile en diminuant raideur et douleur. Permet un renforcement musculaire contre la résistance de l’eau (éventuellement avec accessoire). En outre l’effet psychologique est très important : mise en charge précoce de patients qui devraient rester alités ou au fauteuil plusieurs semaines.

Particulièrement adaptée en orthopédie, traumatologie, rhumatologie, neurologie, et en préparation à l’accouchement.

Contre-indications :

  • Pathologies infectieuses, inflammatoires, ORL, dermatologiques

  • Pathologies cardiovasculaires décompensées, troubles du rythmes sévères

  • Plaies, ulcères

  • Epilepsie non équilibrée

  • Troubles sphinctériens

  • Sénilité

 

 

 

Elastiques

Encore appelée spring thérapie ou sandow. Utilisation de différents élastiques, de résistances différentes. Particulièrement adapté en home-training quotidien, mais un apprentissage et un contrôle par le kinésithérapeute sont nécessaires pour une bonne efficacité. Exercices de renforcement, de décoaptation articulaire, de posture.

La résistance est fonction de l’allongement de la bande élastique. Cette résistance permet de s’approcher de la physiologie musculaire d’un geste fonctionnel. Le mouvement est lié au contrôle proprioceptif via le système sensori-moteur.

 

 

 

Pressothérapie

Technique de massage par appareil, permettant un drainage veineux, lymphatique, et interstitiel, par mise en pression séquentielle du distal vers le proximal. Doit être précédée par un drainage lymphatique manuel en traitement des œdèmes.

  • Indications :

​- Contrôle de l’œdème : rhumatismal, lymphatique, veineux ;

  • Contre-indications :

- Dermatoses

- Thrombose veineuse récente

- Métastase dans le territoire drainé

- Insuffisance cardiaque sévère

- AOMI

- Ulcères

 

 

Orthèses

Elles pallient une carence fonctionnelle avec des moyens de protection, de redressement, correction, maintien et soutien ou contention.

Objectifs :

  • Antalgie : atténuation des symptômes de l’inflammation

  • Prévenir les déformations

  • Diminuer les contraintes sur une articulation

  • Protéger une articulation après correction chirurgicale

Il faut distinguer la position antalgique (diminution des douleurs) et la position de fonction (permettant à l’articulation de remplir sa fonction).

              1. Orthèses de repos

Elles immobilisent pendant les heures de repos (la nuit et quelques heures dans la journée) les articulations pathologiques en position aussi proche que possible de la fonction. La mise au repos en bonne position réduit l’inflammation, les douleurs et évite les déformations. Il peut s’agir d’orthèses des mains, des genoux, des pieds, du cou. (lombostat, minerve, attelle de repos du poignet, orthèse globale de repos de la main : immobilisation du poignet à 15 degrés d’extension, correspondant à la position de fonction)

Les plâtres d’immobilisation font partie de cette catégorie.

              2. Orthèses de Fonction

Sont portées lors des activités de la vie quotidienne. Elles réduisent les contraintes articulaires, améliorent la fonction et facilitent les mouvements en stabilisant l’articulation lors des efforts plus intenses, préviennent ou corrigent une déformation réductible. Enfin, elles jouent un rôle palliatif quand les déformations et l’impotence fonctionnelle sont importantes.

Deux types existent :

  • Orthèse statique de fonction : simple stabilisation de l’articulation (ex. poignet de force thermoformable, stabilisant le poignet, pouvant faciliter les tâches ménagères, orthèse de pouce, anneau en 8…)

  • Orthèse dynamique de fonction : une force extérieure à l’articulation assiste ou remplace un ou des muscles déficients (ex. ressort releveur de pied)

              3. Orthèses plantaires et de chaussure

Elles permettent d’améliorer le confort de marche :

  • Si peu de déformation : chaussure de grandes séries bien choisie

  • Si déformations : chaussure thérapeutique de séries atypiques

  • Si déformations importantes : chaussure thérapeutique sur mesure, dite orthopédique

(sur prescription médicale, 100% : 2 paires la première année, puis 1 paire par an)

 

 

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Exemple d'orthèse releveur de pied (Wikimedia Commons)

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Exemple d'orthèse globale de repos de la main (Wikimedia Commons)

 

Autres aides matérielles

Il existe une multitude d’objets plus classiques pouvant aider aux soins de kinésithérapie :

  • Ballons de rééducation:

De taille et forme variable, permettent un travail de renforcement musculaire et de proprioception, en utilisant les 3 degrés de liberté du ballon. Particulièrement adapté au méthodes de Kabat et Bobath (cf)

  • Barres parallèles:

Permettent une rééducation à la marche sécurisée. Peuvent être couplées à un miroir (correction de l’attitude générale) ou immergées en piscine.

  • Escaliers:

Préparation à l’indépendance fonctionnelle

  • Aides respiratoires:

Spiromètre, peakflow, débimètre

  • Plans instables: 

Table à bascule, ballon de Klein, ballon de bosu, plateforme d’équilibre ou plateau de Freeman (unidirectionnel ou pluridirectionnel), giroplan, trampoline, escarpolette de Dotte… Permettent un travail proprioceptif, notamment au membre inférieur, mais également de l’épaule. Ces plans instables peuvent aussi servir de capteur de biofeedback.

  • Trampoline: 

Réentrainement à l’effort, proprioception

  • Verticaliseur: 

Permet la station debout pour entretenir l’adaptation à l’orthostatisme et lutter contre les modifications cardiovasculaires, troubles respiratoires, urinaires, digestifs, psychologiques.

  • Haltères, banc de musculation, presse: 

Renforcement musculaire.

  • Cannes: 

Deux écueils à éviter par des explications : patient souvent réfractaire car a l’impression d’être « vieux » + canne portée spontanément du mauvais coté : elle doit être portée du coté douloureux, et l’appuis doit y être suffisamment important pour soulager la jambe pathologique.

  • Bain de paraffine:

Utilisé en thermothérapie, notamment pour les arthralgies des mains.

 

 

 
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Ballon de Bosu (Wikimedia Commons)