Mise à jour: avril 2021

Activité physique adaptée

Ordonnance :

Formulaire de prescription spécifique (PDF)

- Préciser : les objectifs recherchés et les contre-indications propres au patient

- Pas de prise en charge Sécurité Sociale mais de nombreuses solutions gratuites

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  • Activité physique adaptée (APA) = "adaptée à l’état du patient". Elle doit prendre en compte:

- la sévérité de la pathologie,

- les capacités fonctionnelles,

- le risque médical du patient.

  • Reconnue comme thérapeutique non médicamenteuse par la HAS depuis 2011.

  • Possibilité pour les médecins généralistes, de prescrire une activité physique aux personnes souffrant d’une affection de longue durée (ALD).

  • Contexte quotidien, de loisir, de sport ou d'exercices programmés.

La consultation médicale d’APA comprend (référence HAS) :

  • Un entretienhistoire médicale et habitudes de vie du patient.

  • Un examen physique complet, en particulier cardio-vasculaire, respiratoire et de l’appareil locomoteur.

  • Une évaluation des différentes composantes de la condition physique par des mesures anthropométriques et des tests en environnement. La condition physique peut également être évaluée par un professionnel formé.

  • Une demande d’un avis spécialisé +/- une épreuve d’effort +/- une prescription d’autres examens complémentaires si indiqué.

  • Un entretien de motivation centré sur les activités physiques ou sportives. Cet entretien permet d’accompagner le patient vers un changement de mode de vie, plus actif et moins sédentaire et définir avec le patient des objectifs réalistes et réalisables en AP de la vie quotidienne, en exercices physiques et en activités sportives.

  • Une prescription individualisée d’AP. Elle doit utiliser un formulaire spécifique (ici en PDF ou ci-dessous)

  • Un certificat médical d’absence de contre-indication à l’activité sportive, pour le sport choisi avec le patient (si indiqué) ;

  • La programmation du suivi médical, qui doit permettre au médecin d’adapter sa prescription d’AP et de renforcer la motivation de son patient.

 

Points clés :

Afin de bien orienter le patient pour une prise en charge adaptée, le médecin détermine :

  • Le niveau de limitations fonctionnelles (sans, minimes, modérées ou sévères) (cf Phénotypes fonctionnels)

  • Les facteurs de risque cardiovasculaire (faible, modéré, élevé ou très élevé) en s'appuyant par exemple sur le SCORE comme proposé par la HAS pour les patients entre 40 et 65 ans. L'âge étant un des principaux facteurs de risque cardiovasculaire, chez les sujets de plus de 65 ans, il est recommandé de les considérer a priori comme à risque élevé.

  • Le niveau d’activité physique et de sédentarité (actif / inactif, sédentaire, très éloigné de toute activité physique). Peut être estimé à l’aide du questionnaire de Marshall en deux questions rapidement (30 sec) (Questionnaire de Marshall - PDF). Il peut être calculé plus précisément avec l’auto-questionnaire GPAQ (Global Physical Activity Surveillance mis en place par l’OMS - PDF) en 16 questions ou le Questionnaire d’aptitude à L’activité physique (Q-AAP - PDF).

Prescription : formulaire spécifique précisant :

  • Les objectifs thérapeutiques recherchés (par exemple, contrôle du poids, amélioration de la force musculaire, amélioration des capacités cardiorespiratoires, etc.)

  • Les contre-indications propres au patient.

Orientation du patient :

 

  • Acteurs locaux actifs dans la mise en place de l’APA en fonction des limitations du patient.

  • Nombreux réseaux et labels ayant pour but de promouvoir l’APA (le réseau des Villes Sport-Santé sur ordonnance, le label Ville Vivez Bougez, les Maisons Sport-Santé…). Il existe un foisonnement d’initiatives avec des structures portant les dispositifs qui peuvent être locales, autour d’une maison ou d’un pôle de santé, communales ou territoriales.

  • La majorité des dispositifs départementaux sont portés par les comités départementaux olympiques et sportifs (CDOS), mais également par des réseaux santé et sport santé, des établissements de santé, certaines fédérations sportives, ou des groupements d’employeurs, associations permettant de mutualiser l’emploi de professionnels de l’APA sur plusieurs communes notamment.

  • Au niveau régional, les ARS et les DRJSCS, sont très impliquées dans le développement de la prescription médicale d’activité physique sur leur territoire.

  • De nombreuses solutions sont donc disponibles pour une prise en charge adaptée des patients et il appartient au médecin de se renseigner sur les dispositifs existants autour de lui.

Prise en charge :

  • Pas de prise en charge financière par l’assurance maladie.

  • Certaines mutuelles ou organismes de prévoyances proposent des remboursements ou financent une partie des séances

  • Des établissements de santé ou associations proposent des programmes d’APA gratuitement

Qui peut dispenser l'APA :  (art. D.1172-2 du code de la santé publique)

  • Kinésithérapeutes, ergothérapeutes et psychomotriciens (dans le respect de leurs compétences respectives).

  • Des professionnels titulaires d'un diplôme dans le domaine de l'activité physique adaptée, c'est-à-dire, des professionnels issus de la filière universitaire STAPS « activité physique adaptée et santé ».

  • Des éducateurs sportifs, des fonctionnaires et des militaires figurant à l’article R.212-2 du code du sport ou enregistrés au répertoire national des certifications professionnelles.

  • Des professionnels et personnes qualifiées titulaires d'un titre à finalité professionnelle ou d'un certificat de qualification professionnelle attestant de l’acquisition des compétences requises et figurant également sur la liste mentionnée à l'article R. 212-2 du code du sport ou enregistrés au répertoire national des certifications professionnelles.

  • Des personnes qualifiées titulaires d'une certification délivrée par une fédération sportive agréée garantissant les compétences permettant à l’intervenant d’assurer la pratique d’activité physique.

 
 
 
 
 
 
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(1) Enseignants APA : titulaires d’une licence ou d’un master en Activité Physique Adaptée

(2) Concernés à la condition d’intervenir dans le cadre d’une équipe pluridisciplinaire

Domaines d’intervention préférentiels des différents métiers (Guide APA - ARS Bretagne - 2017)

 

Les bienfaits de l'APA :

Les bienfaits du sport sur la santé ne sont aujourd’hui plus à prouver. L’OMS identifie ainsi la sédentarité comme le 4e facteur de risque de mortalité au niveau mondial, représentant 6% des décès. De nombreuses études montrent qu’elle contribue à réduire les risques de survenue de la plupart des maladies chroniques en particulier : diabète de type 2, hypertension artérielle, hypercholestérolémie, maladies cardiovasculaires, cancer. De plus, la pratique de l’activité physique permet d’améliorer l’état clinique, de réduire les complications et les risques de récidives de plus de 26 pathologies chroniques Elle a donc des effets bénéfiques bien démontrés sur la santé, la condition physique et le maintien de l’autonomie à tous les âges de la vie. Elle intervient en prévention primaire, secondaire et tertiaire dans de nombreuses maladies chroniques. Elle est une thérapeutique à part entière, seule ou en association avec les traitements médicamenteux. Pour être pleinement efficace, elle doit s’accompagner d’une réduction du temps passé à des activités sédentaires.

 

 

Examens complémentaires: (HAS juillet 2019)

          Epreuve d'effort

  • Avant de commencer ou poursuivre une AP d’intensité légère :

=> une EE n’est pas recommandée, quel que soit le niveau de risque CV du patient.

  • Avant de commencer ou poursuivre une AP d’intensité modérée :

=> une EE n’est pas recommandée, chez les patients avec un niveau de risque CV faible ;

=> une EE n’est pas préconisée, chez les patients avec un niveau de risque CV modéré, élevé ou très élevé.

=> chez les patients avec un niveau de risque CV faible, une EE n’est pas préconisée s’ils sont inactifs et n’est pas recommandée s’ils sont actifs ;

=> chez les patients avec un niveau de risque CV modéré, une EE peut être réalisée s’ils sont inactifs et n’est pas préconisée s’ils sont actifs ;

=> chez les patients avec un niveau de risque CV élevé ou très élevé, une EE est recommandée, qu’ils soient actifs ou inactifs.

 
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Cas particuliers:

  • Diabète type 2:

Epreuve d'effort: Les patients diabétiques de type 2 sont considérés, selon la classification européenne, comme à niveau de risque CV très élevé ou élevé. En l'absence d'études suffisantes, les préconisations suivantes pour la réalisation d’une EE ont été retenues (avis d’experts - HAS) :

              - une épreuve d’effort reste préconisée chez les patients DT2 qui envisagent de commencer une AP d’intensité élevée, notamment chez ceux qui sont physiquement inactifs ;

             - la mesure score calcique coronaire (CAC) peut être proposée aux patients DT2 pour reconnaître un risque cardio-vasculaire (si CAC > 400 unités Agatston) et alors conduire à la réalisation d’une épreuve d’effort avant de commencer une AP d’intensité élevée.

  • Maladie respiratoire:

Chez les patients atteints d’une maladie respiratoire chronique, une EE préalable à une AP n’est pas préconisée. Toutefois, certains de ces patients peuvent avoir des facteurs de risque CV associés, comme un tabagisme et un âge avancé, par exemple chez les patients atteints de BPCO, et justifier d’une EE selon leur niveau de risque CV.

  • Sujet âgé:

Les patients âgés sont considérés a priori comme à niveau de risque CV élevé. Les indications de l’EE au préalable d’une AP suivent les recommandations des patients à niveau de risque CV élevé. L’EE est préconisée avant une AP d’intensité élevée. À noter que les patients de plus de 65 ans correspondent à une population très hétérogène, avec des capacités, des besoins et des demandes très différents en AP, et qu’avec l’avancée en âge, ces patients sont moins aptes et/ou moins demandeurs d’AP d’intensité élevée (Cf. référentiels d’aide à la prescription d’AP et sportive des personnes âgées).

Les contre indications à l'activité physique

L’AP n’est jamais absolument et définitivement contre-indiquée dans la plupart des pathologies chroniques, et l’AP fait souvent partie de leur prise en charge. Les contre-indications sont le plus souvent relatives et/ou temporaires et relèvent essentiellement de pathologies, aiguës ou non stabilisées.

 

Contre-indications concernant les AP d’intensité au moins modérée et sans prise en charge en rééducation : (Guide activité physique - HAS  2019 - PDF)

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Phénotypes fonctionnels :

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Arbre décisionnel de la prescription d'activité physique (HAS) :  (version PDF ici)